L'homme ordinaire
Marc Renard. 54 ans. Café le matin, embouteillages sur le périphérique, relances clients l'après-midi. Une vie bien rangée, presque ennuyeuse et c'est exactement ce qu'il voulait.
Ce que ses voisins ignorent : pendant deux décennies, il a opéré dans l'ombre pour le compte d'un service qui n'existe officiellement pas. Balkans, Moyen-Orient, Asie du Sud-Est. Des noms de cibles qu'il a oubliés volontairement. Des visages qu'il préfère ne plus voir en rêve.
Il a tout laissé derrière lui. La violence, les mensonges, l'adrénaline. Il pensait s'en être sorti proprement.
Un mardi soir de novembre, quelqu'un frappe à sa porte.
Marc reconnaît l'homme avant même qu'il parle. Il aurait dû être mort — Marc s'en était assuré personnellement, il y a onze ans, à Ljubljana. Et pourtant il est là, sur le pas de la porte, souriant. Tenant dans sa main le téléphone de Léa, la fille de Marc, 19 ans, étudiante à Lyon.
Pas de demande. Pas de négociation. Juste une adresse, une date, et trois mots :
"Une dernière fois."
Marc a 48 heures. Aucun contact d'ancien. Aucune couverture. Aucune arme — légalement, du moins. Juste un homme qui voulait une vie ordinaire, et qui vient de se souvenir qu'il n'en a jamais vraiment eu le droit.
















